Les Maoris, peuple ancien, sont guidés par un ensemble de croyances et de mythes.
Leur mythologie est complexe, parsemée de légendes et remplie de dieux qui mêlent le surnaturel à la vie quotidienne. Il existe ainsi un dieu ou un ancêtre déifié derrière chaque montagne, lac, élément marquant du paysage de Nouvelle-Zélande. Chaque composant de la Nature est vivant et doté de grands pouvoirs. Aujourd’hui, les tribus se réfèrent encore aux éléments personnifiés par cette mythologie.

Les Maoris expliquent ainsi la création de l’Univers :

« Avant qu’il y ait de la lumière, il n’y avait rien. Un grand vide, immobile et silencieux, rempli du potentiel de ce que ‘’cela’’ pourrait être. Ce grand vide était vaste, comme une longue nuit sans fin.

Ranginui, le Père-Ciel, tenait serrée dans ses bras Papatuanuku, la Terre-Mère. Et sans bouger, ils s’étreignaient dans le vide sans lumière de cette nuit sans fin.

Beaucoup d’enfants naquirent de leur union. Ils se tenaient tous à l’étroit entre leur père et leur mère, coincés dans le noir, attendant d’être libres de bouger.

Un jour, Tangaroa, l’agité, le mécontent, le futur dieu des océans, en eut assez et murmura dans le noir : « Nous devons séparer nos parents. » Il y eut un long silence, puis d’une seule voix ils acquiescèrent : « Oui, séparons-les. ».

Seul Tawhirimatea, le passionné au cœur tendre, le futur dieu du vent, ne partageait pas cet avis. Il dit alors calmement : « Ce sont nos parents. Ils nous ont donné la vie. Laissons-les tels qu’ils sont. Laissons-les être ensemble. ». Tangaroa répondit : « Et quelle sorte de vie est-ce pour nous ? Sans espace pour étirer nos bras et nos jambes, sans espace pour explorer l’inconnu ? Je le redis, séparons-les ! ».

Les frères se querellèrent… Tawhirimatea dû abandonner.

Il fut décidé que Tangaroa serait le premier à tenter de séparer Ranginui et Papatuanuku. Impatiemment, il poussa, se débattit, pour séparer ses parents qui s’accrochaient ardemment l’un à l’autre avec la force de leur amour. Finalement, épuisé, Tangaroa cessa ses efforts et se rassit dans le noir.

Tane Mahuta, le premier-né, le courageux, le fort, le futur dieu des forêts, fut le suivant : « Laisse-moi essayer. » demanda-t-il. Il s’appuya sur les épaules de sa mère, et plaça ses pieds sur son père. Il poussa, se débattit, pour pousser ses parents, qui ne bougèrent pas dans le noir.
Tane Mahuta, implacable, infatigable, poursuivit ses efforts, de toute la force de son être : « Je peux le faire, je vais y arriver ! » pensait-il très fort.

Et doucement, très lentement, Ranginui se sépara de Papatuanuku. Tane Mahuta continua à pousser jusqu’à ce que son père soit très haut au-dessus de sa tête.

 

Ranginui pleura de voir sa femme si loin de lui. Ses larmes formèrent des rivières, des lacs et des océans. Les larmes de Papatuanuku, également triste d’être ainsi exilée loin de son mari, devinrent les brumes du matin.

 

Et voici comment Tane Mahuta, le remarquable, l’endurant, sépara ses parents, Ranginui le Père-Ciel et Papatuanuku la Terre-Mère.

La lumière inonda le Monde, et pour la première fois, les enfants purent regarder leurs parents, nus.

Tane Mahuta habilla alors ses parents attristés. Il recouvrit Papatuanuku d’arbres, de fougères, de fleurs et de vignes. Ranginui, lui, fut paré d’arcs-en ciel, de nuages, d’étoiles, de la lune argentée et du soleil brillant.

Tawhirimatea, triste et en colère. Il s’envola dans un tourbillon et partit loin, très loin de ses frères, pour rejoindre son père dans le ciel. Depuis ce jour, il reste là, à l’écart… ».

Voici ainsi comment le Monde serait né selon la légende Maori.

Ecrit par Claire