Le Haka détient une importance particulière pour tous les Néo-zélandais, Maori ou Pakeha (blanc). Danse polynésienne très ancienne, le Haka est encore aujourd’hui très pratiqué en Nouvelle Zélande par les Maoris.

Haka signifie « danse » en Maori. Le Haka est une danse guerrière Maorie visant à déstabiliser l’adversaire par de nombreuses techniques dont le Pukana (yeux exorbités). Le Haka fait partie d’un ensemble de danses et de chants appelé Haka Paka qui peut durer plusieurs heures. Chaque tribu possède ses propres chants (il y a autant de Haka que de tribus en Nouvelle Zélande). Le Haka Paka commence souvent par la performance du Haka, souvent guerrier et plus violent que le Haka Ka Mate(Haka « national »). S’en suit une série de chants plus accueillants aux sonorités Polynésiennes. Dans certaines tribus, les femmes ne chantent pas le Haka et sont protégées par les hommes. Dans d’autres tribus les femmes peuvent devenir guerrières et être invitées à chanter le haka comme les hommes.

Je vous raconte ici la légende du Haka Ka Mate, le Haka national. Cette histoire se passe au milieu des années 1800 et m’a été racontée en 2016 par la Princesse Ngahuia, descendante du chef Te Wharerangi.

« Chez la sous-tribu ”Ngati Hikairo” faisant elle-même partie de la tribu plus large de Tuwharetoa, se trouve le lac de Rotoaira (au sud du lac Taupo). Dans ce lac, se situe une île au sein de laquelle vit le chef Te Wharerangi avec le reste de sa tribu. Cette île est nommée « Motu o Puhi ». Motu en Maori (et Tahitien) signifie l’île et la Puhi est une Princesse. Une Puhi a la possibilité de se marier avec le chef d’une autre tribu permettant ainsi de former une forte alliance entre tribus.

La fille du chef Te Maari était une Puhi. Pour la garder en sécurité, le chef décida de construire une maison spécialement pour elle afin qu’elle y dorme seule. Il creusa aussi un trou devant la maison et le recouvra constituant ainsi un piège pour tout homme qui essayerait de rentrer dans la maison de sa fille :il tomberait dans le trou et le chef le laisserait mourir.

Au même moment, sur l’île de Kapiti (au Nord-Ouest de Wellington) le chef de tribu de cette île et warrior (guerrier) Te Rauparaha se révoltait contre la colonisation anglaise et les accords signés entre colons et Anglais : le Traité de Waitangi. Il se mit en tête de remonter l’île du Nord vers Waitangi (Paihia) afin de parler avec les autres chefs.   Pendant son voyage Te Rauparaha commit plusieurs meurtres et provoqua de nombreux problèmes entre les Maoris et les Anglais. Il fut donc activement recherché et poursuivit. En continuant son exil, il arriva sur les bords du lac Taupo et rencontra le chef Te Heu Heu qui lui conseilla de continuer sa route vers le lac Rotoaira où le chef Te Wharerangi pourrait l’aider ; il continua alors son chemin.

Lorsque Te Rauparaha arriva dans la tribu de Ngati Hikairo, il fut reçu par Te Wharerangi. Son cousin Te Heu Heu l’ayant envoyé, il décida de l’aider.

Il conseilla à Te Rauparaha de se cacher dans le trou devant la maison de la Puhi. Sa femme s’assit ensuite sur ce trou.

Nombreux furent les ennemis de Te Rauparaha qui passèrent par ce village mais ne le trouvèrent jamais.

Pour se donner du courage dans l’obscurité, Te Rauparaha chanta ces vers :

Ka mate ka mate –  C’est la mort ! C’est la mort! (pensant mourir)

Ka ora ka ora – C’est la vie! C’est la vie ! (ses ennemis sont partis)

Tenei te tangata puhuruhuru – Voici l’homme poilu (Te Wharerangi son sauveur, mesurait 2 mètres et était très poilu)

Nana i tiki mai whakawhiti te ra  – qui me rapport le soleil et le fait briller

U-pane ko pane, U-pane Ko pane- Un pas après l’autre (Il escalade le trou pour en sortir)

Whiti te ra – Le soleil brille

Te Rauparaha fit ensuite cadeau de ce chant à Te Wharerangi qui lui avait sauvé la vie ».

Ce Haka est devenu très célèbre. C’est celui que les All Blacks réalisent lors des matchs de Rugby. Ka mate Ka mate est un chant qui célèbre le fait d’être en vie plutôt qu’un chant guerrier.

Whiti te Ra !!!

 

Ecrit par Estelle